Vous avez commencé à travailler jeune ? Vous pouvez peut-être partir avant l'âge légal. Voici les conditions, au régime général comme pour les professions libérales, à jour de la circulaire Cnav du 4 septembre 2026.
La retraite anticipée pour carrière longue permet de partir avant l'âge légal à deux conditions cumulatives : avoir commencé à travailler jeune et réunir une durée cotisée suffisante. Pour les générations nées à partir de 1971 : départ à 58, 60, 62 ou 63 ans selon l'âge de début d'activité.
Vous avez commencé à travailler jeune. La question n'est pas de savoir ce que dit la règle, mais si votre carrière vous ouvre une porte de sortie anticipée, et à quelle date exacte. Quelques trimestres mal comptés en début de carrière, et la date bascule d'une année. C'est une décision qui se prépare, pas qui se découvre au guichet.
Un salarié qui a commencé tôt et cotisé longtemps peut partir avant l'âge légal, sans décote, au titre de la retraite anticipée pour carrière longue (RACL). Deux conditions doivent être réunies en même temps : une condition de début d'activité, et une condition de durée d'assurance cotisée.
Il faut avoir validé au moins 5 trimestres (4 si vous êtes né au dernier trimestre de l'année) avant la fin de l'année civile de vos 16, 18, 20 ou 21 ans, selon l'âge de début visé. Sont retenues les périodes validées (cotisées et assimilées) dans tous les régimes de base, y compris certaines périodes accomplies dans l'Union européenne.
Il faut réunir une durée d'assurance cotisée égale à la durée requise pour le taux plein de votre génération, soit 172 trimestres (43 ans) pour les générations 1966 et suivantes. Les générations 1961 à 1965 relèvent d’un barème de transition, de 169 à 171 trimestres selon la génération. C'est une durée cotisée, plus exigeante que la simple durée d'assurance : toutes les périodes ne comptent pas (voir plus bas).
| Début d'activité avant… | Départ possible à partir de |
|---|---|
| 16 ans | 58 ans |
| 18 ans | 60 ans |
| 20 ans | 62 ans |
| 21 ans | 63 ans |
Les générations nées entre 1961 et 1970 relèvent d'un calendrier de transition (âges intermédiaires selon le mois de naissance). La suspension de la réforme (loi n°2025-1403 du 30 décembre 2025, décrets du 7 mai 2026) a abaissé ces âges : d'après l'Assurance retraite, un assuré né en 1966 peut partir dès 60 ans et 9 mois au lieu de 61 ans, et un assuré né en 1970 à 61 ans et 9 mois au lieu de 62 ans. Ces conditions ne valent que pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Dans le doute sur votre génération, faites vérifier votre date exacte.
La durée cotisée comprend d'abord les trimestres réellement cotisés. S'y ajoutent, dans des limites précises, des trimestres dits réputés cotisés : des périodes non cotisées assimilées à des périodes cotisées :
| Nature de la période | Limite retenue |
|---|---|
| Service national | 4 trimestres max |
| Maladie / accident du travail | 4 trimestres max |
| Chômage + activité partielle | 4 trimestres max (ensemble) |
| Invalidité | 2 trimestres max |
| Maternité / adoption | Toutes retenues |
| Parents au foyer / aidants (AVPF, AVA) | 4 trimestres max |
| Compte professionnel de prévention (C2P) | Tous retenus |
| Majorations / bonifications enfants (nouveau) | 2 trimestres max |
Un plafond global s'applique : 4 trimestres maximum par année civile, tous régimes de base confondus.
Pour les retraites prenant effet à compter du 1/9/2026, certaines majorations de durée d'assurance et bonifications accordées au titre des enfants (maternité, adoption, éducation, congé parental…) peuvent enfin compter comme trimestres réputés cotisés, dans la limite de 2 trimestres. Une évolution qui peut débloquer un départ pour des carrières longtemps pénalisées, notamment celles des mères. Source : circulaire Cnav 2026/29 du 4 septembre 2026.
La caisse peut réaliser une étude préalable : elle remet alors une attestation de situation et, si les conditions sont réunies, un imprimé de demande de retraite anticipée. Attention : l'attestation ne vaut pas demande, et le point de départ de la retraite ne peut jamais précéder la date de dépôt de la demande. Mieux vaut donc s'y prendre à l'avance.
Pour un salarié du privé, la retraite complémentaire se liquide en même temps que la retraite de base. Un départ en carrière longue, reconnu au taux plein, ouvre la complémentaire sans minoration ; le malus temporaire (coefficient de solidarité) a par ailleurs été supprimé pour les retraites prenant effet depuis le 1/12/2023.
La retraite anticipée pour carrière longue est un dispositif transverse : elle ne concerne pas que les salariés. La circulaire Cnav 2026/29 dresse la liste des régimes concernés (annexe 4), et les professions libérales y figurent. Pour la retraite de base, gérée par la CNAVPL, le dispositif s'applique donc selon les mêmes conditions nationales : début d'activité jeune et durée cotisée requise, avec la même nouveauté sur les trimestres enfants réputés cotisés à compter du 1er septembre 2026.
La complémentaire, elle, est propre à chaque profession. Le régime de base CNAVPL est décliné, pour la complémentaire, en sections professionnelles (CARMF pour les médecins, CIPAV, CARPIMKO, CAVEC, CARCDSF…), chacune avec ses statuts. Que la complémentaire se liquide ou non de façon anticipée en même temps que la base, et à quelles conditions, dépend de la section. Ce point n'est pas réglé par la circulaire Cnav : il se vérifie dans le guide de la CNAVPL et les statuts de votre section.
| Régime | Départ anticipé carrière longue | Trimestres enfants réputés cotisés (1/9/2026) |
|---|---|---|
| Régime général et alignés (salariés, indépendants) | Oui, sous conditions de début d'activité et de durée cotisée | Oui, 2 trimestres max |
| Professions libérales, base (CNAVPL) | Oui, même dispositif national (annexe 4 de la circulaire) | Oui, 2 trimestres max |
| Complémentaire des libéraux (par section : CARMF, CIPAV…) | À vérifier selon les statuts de la section | À vérifier selon la section |
La fonction publique et les régimes spéciaux relèvent d'autres règles, hors du champ de cette fiche.
La règle vous donne des âges et des seuils de trimestres. Elle ne vous dit pas si votre relevé les atteint réellement, ni s'il vaut mieux partir au plus tôt ou attendre pour une pension plus élevée. Ce calcul dépend de vos trimestres réputés cotisés, de vos débuts de carrière et de vos objectifs. La règle, je vous la donne ici. Votre date exacte, on la calcule sur votre relevé, ensemble.