Au régime de base, la règle est commune à tous les libéraux. À la complémentaire, chaque section a ses propres modalités. Voici le principe, et ce que cela donne pour les auxiliaires médicaux.
À la complémentaire, la retraite progressive est possible, en principe dans les mêmes conditions qu'au régime de base (articles L.161-22-1-5 à L.161-22-1-9 du code de la Sécurité sociale). Vous continuez à acquérir des points, et votre pension est recalculée au départ définitif. Mais les modalités dépendent de votre section professionnelle : certaines, comme la CARPIMKO, s'alignent sur la base ; d'autres ajoutent leurs propres règles.
Un professionnel libéral construit sa retraite à deux niveaux : le régime de base commun à tous (CNAVPL) et le régime complémentaire de sa section professionnelle. La retraite progressive de base obéit à la règle commune, détaillée dans la fiche régime de base des libéraux. La question ici, c'est ce qui se passe à la complémentaire, celle qui pèse souvent le plus lourd dans la pension d'un libéral.
La plupart des sections appliquent la retraite progressive à la complémentaire dans les mêmes conditions qu'au régime de base, prévues aux articles L.161-22-1-5 à L.161-22-1-9 du code de la Sécurité sociale. Mêmes conditions d'âge (60 ans) et de durée d'assurance (150 trimestres), fraction alignée, et surtout vous continuez à cotiser et à acquérir des points pendant toute la période. Au départ définitif, la pension complémentaire est recalculée sur ces droits.
Prenons la CARPIMKO, la caisse des auxiliaires médicaux : infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes et orthoptistes. Son texte est limpide : « un affilié peut bénéficier d'une retraite progressive dans les mêmes conditions qu'au régime de base ». Pas de règle dérogatoire, donc : un infirmier ou un kiné en retraite progressive touche une fraction de sa complémentaire, continue de cotiser (cotisation proportionnelle de 8,7 % de ses revenus) et d'acquérir des points, et voit sa pension recalculée à la liquidation définitive.
Ce n'est pas partout aussi simple. Certaines sections encadrent le dispositif avec des bornes qui leur sont propres. La caisse des vétérinaires (CARPV), par exemple, limite la part de points liquidés à 80 % des points acquis, plafonne les revenus d'activité au plafond de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026) et majore le prix d'achat du point (1,5 fois le prix normal). D'une section à l'autre, les bornes changent : ce sont celles de votre caisse qui comptent.
Deux choses restent vraies quelle que soit votre section. D'abord, vous continuez à cotiser et à accumuler des points pendant la retraite progressive. Ensuite, au départ définitif, votre complémentaire est recalculée pour intégrer ces droits. La retraite progressive prépare votre pension, elle ne la fige pas.