Depuis 2023, les professions libérales aussi peuvent lever le pied avant de liquider. La mécanique n'est pas celle des salariés : tout se mesure sur le revenu. Voici les règles du régime de base CNAVPL.
Depuis le 1er septembre 2023, la retraite progressive est ouverte aux professions libérales. Il faut notamment avoir 60 ans, au moins 150 trimestres tous régimes de base, et réduire vos revenus professionnels de 20 % à 60 %. Particularité libérale : la pension est versée provisoirement à 50 % pendant les 18 premiers mois, avant d'être ajustée sur la baisse réelle. Le service prend effet au 1er janvier suivant la demande.
Longtemps réservée aux salariés, la retraite progressive est ouverte aux professions libérales depuis le 1er septembre 2023. Le principe est le même que partout : vous ne liquidez pas définitivement, vous réduisez votre activité, vous touchez une fraction de votre retraite, et vous continuez à cotiser. Mais chez les libéraux, la réduction ne se mesure pas en heures : elle se mesure sur votre revenu.
Plusieurs conditions se cumulent. L'âge : depuis le 1er septembre 2025, l'accès est ouvert dès 60 ans, quelle que soit votre année de naissance. La durée : au moins 150 trimestres d'assurance, accomplis dans un ou plusieurs régimes obligatoires de base (votre durée d'assurance) ; ils n'ont donc pas à être tous à la CNAVPL. L'activité : vous relevez de la branche du dispositif qui vise l'assuré exerçant à titre exclusif une activité dont la durée n'est pas définie par un employeur, ce qui est le cas de l'activité libérale. Le revenu minimal : votre revenu professionnel annuel doit être au moins égal à 40 % du SMIC brut annuel ; pour vérifier cette condition à la demande, on retient le revenu de l'avant-dernière année civile (N-2).
La retraite progressive suppose une diminution effective de vos revenus professionnels. Cette baisse doit normalement être comprise entre 20 % et 60 % ; une baisse supérieure à 60 % peut toutefois être admise pendant une période d'un an au maximum. Attention à la référence : elle ne se mesure pas sur votre seule année précédente. Chaque 1er juillet, on compare votre revenu de l'année écoulée à la moyenne actualisée de vos revenus professionnels des cinq années précédant la demande. Le revenu N-2 sert à l'entrée dans le dispositif ; la moyenne des cinq ans sert à calculer la baisse. Ce sont deux références différentes.
Là où le salarié touche 100 % moins sa quotité d'heures, le libéral touche une fraction égale à la quotité de diminution de son revenu : une baisse de 30 % ouvre 30 % de pension. Cette même fraction est servie dans tous vos régimes de retraite de base légalement obligatoires : une carrière mixte, salariée puis libérale, ne donne pas une fraction différente d'un régime à l'autre.
C'est une particularité importante. Au démarrage, la caisse ne connaît pas encore la baisse réelle de vos revenus. La fraction est donc fixée provisoirement à 50 % pendant les 18 premiers mois. À compter du 1er juillet de la deuxième année, puis chaque 1er juillet, elle est révisée selon la diminution réellement constatée. Ne comptez donc pas percevoir votre fraction définitive dès le premier mois.
Votre moyenne de revenus de référence sur cinq ans est de 80 000 €. Après votre entrée en retraite progressive, votre revenu tombe à 48 000 €. La baisse est de (80 000 − 48 000) / 80 000 = 40 %. Une fois la période provisionnelle passée, lors de la révision, la fraction servie correspond à cette baisse, soit 40 % de votre pension de base.
Retenez cette spécificité libérale : le service de la fraction de pension prend effet au 1er janvier qui suit votre demande. Ce n'est pas immédiat. Si vous visez une date de bascule, il faut donc anticiper votre demande en conséquence.
La retraite progressive entraîne une liquidation provisoire, pas définitive. Pendant toute la période, vous poursuivez votre activité et continuez à cotiser : ces cotisations vous ouvrent de nouveaux droits, pris en compte lors de la liquidation définitive, dans les conditions applicables à votre régime. Rien n'est figé tant que vous n'avez pas liquidé pour de bon.
Tout ceci concerne le régime de base, commun à toutes les professions libérales et piloté par la CNAVPL. Votre retraite complémentaire, elle, dépend de votre section professionnelle (CARMF pour les médecins, CIPAV, CARPIMKO, et d'autres) et obéit à ses propres règles : c'est le sujet de la fiche dédiée. Les avocats, relevant de la CNBF, suivent le même socle de base mais font l'objet d'une fiche distincte.