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Retraite progressive : lever le pied sans casser votre retraite

Travailler à temps réduit, toucher une partie de votre pension, et continuer à valider des droits. La retraite progressive existe, mais elle obéit à des conditions précises. Voici lesquelles, au régime de base.

Alexandrine Maldonado
Par Alexandrine Maldonado
À jour au 11 septembre 2026Lecture 4 min✔ Vérifié à la source
La réponse en une phrase

Dès 60 ans, avec au moins 150 trimestres et une activité comprise entre 40 % et 80 % d'un temps plein, vous percevez une fraction de votre retraite tout en travaillant. La fraction versée est le complément exact de votre temps de travail : à 60 % d'activité, vous touchez 40 % de votre retraite. Et vous continuez à cotiser.

Qu'est-ce que la retraite progressive

La retraite progressive n'est pas un demi-départ définitif. C'est un dispositif qui vous laisse réduire votre activité tout en percevant une part de votre pension, sans arrêter de constituer des droits. Vous restez en activité, vous continuez à cotiser, et le jour de votre départ définitif, votre retraite est recalculée en tenant compte de tout ce que vous avez acquis entre-temps. C'est un sas, pas une sortie.

Les trois conditions à réunir

Trois conditions se cumulent, sans exception. D'abord l'âge : depuis le 1er septembre 2025, la retraite progressive est ouverte à 60 ans pour tout le monde, quelle que soit votre année de naissance. Ensuite la durée : il faut justifier d'une durée d'assurance d'au moins 150 trimestres, tous régimes de base confondus. Enfin l'activité : vous devez exercer entre 40 % et 80 % de la durée de travail à temps complet. En dessous de 40 % ou au-dessus de 80 %, le droit n'est pas ouvert.

Combien vous touchez : la règle du complément

La fraction de retraite versée est le complément exact de votre temps de travail. La formule ne varie pas : 100 % moins votre quotité travaillée. Si vous travaillez à 60 %, vous percevez 40 % de votre retraite. Si vous passez à 80 %, vous n'en percevez plus que 20 %. C'est la même logique pour la retraite de base et pour la complémentaire.

Un exemple

Vous passez à 70 % d'un temps plein : vous touchez 30 % de votre retraite (base et complémentaire), en plus de votre salaire à 70 %. Vous continuez à cotiser sur ce salaire, donc à acquérir des droits.

Ce qui se passe si vous changez de quotité

Votre temps de travail n'est pas figé. Si vous modifiez votre quotité, la fraction de pension est révisée en conséquence, à compter du premier jour du mois qui suit le changement. Vous ne pouvez en revanche ni descendre sous 40 % ni dépasser 80 % sans sortir du dispositif.

Le levier salarié : cotiser sur un temps plein

Voici un point que peu de salariés connaissent. Pendant votre temps partiel, vous pouvez, en accord écrit avec votre employeur, cotiser pour la retraite sur une assiette correspondant à un temps plein. Vous travaillez à 60 %, mais vous cotisez comme à 100 %. Vous continuez alors à acquérir des droits sur la base d'un temps plein : trimestres et salaire porté pour la base, points pour l'Agirc-Arrco. Ce dispositif vaut pour les salariés, à la base comme à la complémentaire, et la répartition du supplément de cotisation entre vous et votre employeur est fixée par cet accord. C'est un levier puissant pour ne pas ralentir la constitution de vos droits pendant que vous levez le pied.

Indépendants et professions libérales : la même idée, une autre mesure

Si vous êtes travailleur indépendant ou en profession libérale, le principe est identique, mais la réduction se mesure sur vos revenus, pas sur des heures. Vous devez exercer votre activité à titre exclusif, et c'est la baisse de votre revenu professionnel qui détermine la fraction servie. Un bilan est fait chaque année, au 1er juillet, pour ajuster. Le régime de base des libéraux (CNAVPL) et leur complémentaire font l'objet de fiches dédiées.

Le vrai enjeu : la retraite définitive

Pendant toute la période, vous continuez à cotiser : vous validez des trimestres et vous acquérez des droits. Le jour où vous liquidez définitivement, votre retraite est recalculée pour intégrer ces droits supplémentaires. Autrement dit, la retraite progressive ne consomme pas votre pension par avance : elle la prépare, tout en vous laissant respirer. La question qui reste ouverte, c'est de savoir si c'est la bonne porte pour vous, ou si le cumul emploi-retraite sert mieux votre situation. C'est le sujet de la fiche stratégie.

Alexandrine Maldonado, fondatrice de VigiRetraite
Alexandrine Maldonado

Fondatrice de VigiRetraite. 20 ans d'expertise métier, dont quinze au sein des institutions de retraite. Je confronte le texte à votre dossier, je n'approxime pas. Qui suis-je ?

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Le bon dispositif dépend de votre âge, de vos trimestres et de votre projet. On lit votre relevé, on compare, on tranche avec vous.
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