Au régime général, le chômage se compte en trimestres. À l'Agirc-Arrco, il se compte en points, et la mécanique n'a rien à voir. Voici ce que vos périodes de chômage y valent vraiment.
Pendant une période de chômage indemnisé, vous continuez d'acquérir des points Agirc-Arrco, sans cotisation de votre part. Pour l'ARE, ils sont calculés sur votre salaire journalier de référence ; pour l'ASS et les allocations du FNE, au taux de 4 %. Seules les allocations expressément prévues ouvrent des points.
C'est le point que beaucoup ratent parce qu'ils raisonnent en trimestres partout. Au régime général, on compte des trimestres (50 jours indemnisés en valident un). À l'Agirc-Arrco, on n'acquiert pas des trimestres mais des points de retraite complémentaire, selon une logique complètement différente. Comprendre cette différence, c'est éviter de croire qu'une même période de chômage produit le même effet des deux côtés.
Quand vous percevez l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) ou l'allocation de sécurisation professionnelle, des points vous sont attribués sur les périodes indemnisées, sans cotisation de votre part. Ils sont calculés à partir de votre salaire journalier de référence (celui retenu par France Travail pour votre allocation), des taux de calcul des points obligatoires en vigueur, et de la valeur d'achat du point. Une réserve d'ordre technique existe : ces points ne sont attribués que sous réserve du financement par l'assurance chômage.
Le mécanisme change selon l'allocation. L'allocation de solidarité spécifique (ASS) et les allocations spéciales du FNE ouvrent des points calculés au taux de 4 %. D'autres situations proches (préretraite progressive, congés de conversion, activité partielle) ouvrent également des points, selon leurs propres règles. Inutile d'entrer dans le détail ici : ce qu'il faut retenir, c'est que la règle n'est pas uniforme.
C'est le point de vigilance à retenir. Seules les allocations expressément citées par l'accord Agirc-Arrco ouvrent des points. Et l'attribution est subordonnée à la justification de l'allocation perçue (sa nature et sa période). Conséquence directe : une période de chômage non indemnisée n'ouvre aucun point de complémentaire, à la différence du régime de base où elle peut, sous conditions, valider des trimestres.
Une indemnisation plus courte, c'est mécaniquement moins de points, donc une complémentaire plus faible à l'arrivée. Et comme la base et la complémentaire obéissent à deux logiques différentes, il faut vérifier les deux : vos trimestres au régime général (voir la fiche dédiée) et vos points Agirc-Arrco. Le décompte, lui, se fait sur votre relevé, pas sur une règle générale.