Une période de chômage n'est pas un trou pour votre retraite, à condition qu'elle soit correctement reportée. Voici ce qu'elle vaut, et le réflexe à avoir pour ne rien laisser filer.
Au régime général, chaque tranche de 50 jours de chômage indemnisé dans l'année valide 1 trimestre, dans la limite de 4 par an. Ce sont des trimestres assimilés : ils comptent pour la durée d'assurance et le taux, pas comme des trimestres cotisés.
Perdre son emploi ne veut pas dire perdre des droits. Les périodes de chômage indemnisé sont assimilées à des périodes d'assurance : elles remplissent votre relevé sans que vous cotisiez. Mais rien n'est automatique dans le détail : une période mal reportée, et ce sont des trimestres qui manquent le jour du départ. La règle est simple ; la vigilance, elle, reste à votre charge.
La règle tient en une ligne : 50 jours indemnisés valident 1 trimestre, dans la limite de 4 trimestres par année civile. Si une période est à cheval sur deux années, le reliquat de jours n'est pas reporté sur l'autre année. Condition d'entrée : avoir la qualité d'assuré social avant l'interruption de travail (au moins une cotisation antérieure). Sont concernées l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) et d'autres allocations expressément visées, dont l'allocation des travailleurs indépendants (ATI), retenue dans la limite de 182 jours par an.
Il peut compter aussi, mais sous conditions et dans des limites précises. La première période de chômage non indemnisé de votre carrière se valide une seule fois, jusqu'à 18 mois et 6 trimestres (pour les périodes depuis 2011). Une période de chômage non indemnisé qui suit une indemnisation se valide jusqu'à 1 an, et jusqu'à 5 ans si vous avez au moins 55 ans et 20 ans de cotisations tous régimes. La démission, elle, n'ouvre pas droit à validation au titre du chômage non indemnisé. Point important pour la suite : pour que ces périodes comptent, il faut rester inscrit comme demandeur d'emploi.
Ces trimestres sont assimilés et non cotisés. Ils comptent pleinement pour votre durée d'assurance et donc pour le taux plein. En revanche, ils ne comptent pas partout où la loi exige des trimestres cotisés : pour la carrière longue, par exemple, le chômage n'est retenu comme « réputé cotisé » que dans la limite de 4 trimestres. Sur votre relevé, ces périodes apparaissent sans salaire reporté.
France Travail transmet normalement vos périodes à votre caisse de retraite. Mais « normalement » ne suffit pas quand il s'agit de vos droits. Si une période n'est pas remontée, c'est votre attestation France Travail (nature de l'allocation et périodes indemnisées) qui permet de la faire valider. Conservez-les, surtout en fin de carrière et sur les années à trous. Gardez vos justificatifs, agissez à temps.
Tout ce qui précède vaut pour une période de chômage en cours de carrière. Quand le chômage arrive en fin de carrière, une autre logique s'ajoute : jusqu'à quand serez-vous indemnisé, et comment éviter un trou de revenus avant la retraite. C'est le sujet de la fiche stratégie dédiée. Et au régime complémentaire, la mécanique n'est pas la même qu'ici : voir la fiche Agirc-Arrco.