Un droit nouveau depuis le 1er juillet 2026. Bien posé, il vous vaut un trimestre de retraite. Mal fractionné, il ne vous en vaut aucun. La différence ne tient pas à la règle, elle tient à votre décision.
Le congé supplémentaire de naissance valide 1 trimestre de retraite (assimilé) dès 58 jours indemnisés, continus ou non, dans la limite d'un trimestre par parent. Un mois seul (30 jours) ne valide rien ; deux mois, ou 28 + 30 jours, valident le trimestre.
Le système vous ouvre un droit. Il ne vous dit pas comment le prendre pour qu'il compte. C'est toute la différence entre une prestation qu'on perçoit et un droit qu'on pilote. Ce congé, selon la façon dont vous le posez, ajoute ou n'ajoute pas un trimestre à votre carrière. Et un trimestre, à 62 ans, ce n'est pas une abstraction : c'est parfois ce qui sépare un départ au taux plein d'un départ avec décote. La caisse appliquera la règle. Elle ne vous préviendra pas que votre calendrier de congé la déclenche.
C'est un congé créé par l'article 99 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (nouvel article L.1225-46-2 du code du travail), qui s'ajoute aux congés de maternité, de paternité et d'accueil de l'enfant, et d'adoption, une fois ceux-ci épuisés. Il s'agit d'un droit individuel, propre à chacun des deux parents, non transférable à l'autre. Chaque parent choisit un ou deux mois, en une fois ou fractionnés en deux périodes d'un mois, à débuter dans les neuf mois suivant la naissance ou l'arrivée de l'enfant. Il concerne les salariés, les indépendants et les non-salariés agricoles. L'indemnisation, versée par la branche maladie, est de 70 % du salaire le 1er mois puis 60 % le 2e, dans la limite du plafond de la sécurité sociale, pour les enfants nés ou adoptés depuis le 1er juillet 2026.
Le seuil est net : 58 jours indemnisés, continus ou non. À partir de là, vous validez un trimestre assimilé à de la durée d'assurance, reporté sur l'année civile du 58e jour d'indemnisation, dans la limite d'un trimestre par parent. Le décompte porte sur les jours indemnisés, pas sur le nombre d'enfants ni de mois posés. En dessous de 58 jours, aucun trimestre. Aucun salaire n'est reporté au relevé de carrière à ce titre.
La distinction est décisive, et c'est le genre de nuance qui ne se voit pas au premier regard. Ce trimestre est assimilé, pas cotisé. Il compte là où l'on parle de durée d'assurance et de taux plein. Il ne compte pas là où la loi exige des trimestres cotisés.
| Ce trimestre compte pour… | Pris en compte ? |
|---|---|
| La durée d'assurance pour le taux | Oui |
| La carrière longue (durée cotisée exigée) | Non (trimestre non cotisé) |
| Le minimum contributif (majoration périodes cotisées) | Non |
Le détail complet par dispositif figure à l'annexe 1 de la circulaire Cnav 2026-28.
Le congé indemnisé vise les enfants nés ou adoptés depuis le 1er juillet 2026. Une fenêtre rétroactive existe pour les enfants nés depuis le 1er janvier 2026 (ou nés prématurément mais attendus à partir de cette date) et pour les adoptions entre le 1er janvier et le 30 juin 2026 : le congé peut alors débuter entre le 1er juillet 2026 et le 31 mars 2027. La demande se fait à l'employeur par lettre recommandée, au moins un mois avant le début du congé. C'est le moment de vigilance : la décision se prend avant, pas après.
Puisque le seuil se compte en jours indemnisés, votre calendrier décide de tout. Un mois seul, soit environ 30 jours, reste sous les 58 jours : zéro trimestre. Deux mois, ou un fractionnement qui atteint 58 jours (par exemple 28 + 30), valident le trimestre. La règle ne change pas d'un parent à l'autre. Ce qui change, c'est la façon de la poser.
Un mois seul, et le trimestre est perdu. La décision se prend avant de déposer la demande à l'employeur. Une fois le congé posé, c'est figé.
Reste la seule question qui compte vraiment, et elle dépend de votre carrière, pas de la loi : ce trimestre vous est-il utile ? Il l'est si vous en avez besoin pour votre taux, moins si votre année est déjà complète ou si un trimestre cotisé vous manque ailleurs. C'est là que le calcul cesse d'être général et devient le vôtre. La règle, je vous la donne. L'arbitrage, on le fait sur votre relevé, ensemble.