Un arrêt maladie n'est pas un trou pour votre retraite. Correctement reporté, il valide des trimestres. Voici combien, et le réflexe pour ne rien laisser filer.
Au régime général, 60 jours d'indemnisation maladie dans l'année valident 1 trimestre assimilé (4 au maximum par an). Les jours de maladie, de longue maladie et d'incapacité temporaire d'un accident du travail se totalisent. Un reliquat de moins de 60 jours au 31 décembre est reporté sur l'année suivante.
Être malade ne veut pas dire cesser d'avancer vers la retraite. Les périodes indemnisées au titre de l'assurance maladie sont assimilées à des périodes d'assurance : elles remplissent votre relevé sans que vous cotisiez, à condition d'avoir eu la qualité d'assuré social avant l'arrêt. Ce qui n'est pas automatique, c'est le bon report de ces périodes. C'est là que se joue la vigilance.
La règle, stable depuis 1951 : 60 jours d'indemnisation = 1 trimestre. Dans une même année civile, on totalise les jours de maladie, de longue maladie et d'incapacité temporaire d'un accident du travail, tant qu'ils ne se superposent pas. Une période de moins de 60 jours en cours au 31 décembre n'est pas perdue : elle est reportée sur l'année suivante. Le total est plafonné à 4 trimestres par an, comme toutes les périodes assimilées. La « longue maladie » comme régime distinct n'existe plus depuis 1955 : elle est traitée comme la maladie.
Si vous êtes travailleur indépendant (commerçant, artisan, aujourd'hui rattaché à l'Assurance retraite), la logique est la même depuis le 1er janvier 2018 : 60 jours d'indemnités journalières valident 1 trimestre. Et depuis le 1er novembre 2019, cette validation n'est plus conditionnée au fait d'être à jour de vos cotisations d'assurance vieillesse de base.
Ces trimestres sont assimilés, pas cotisés. Ils comptent pour votre durée d'assurance et donc pour le taux plein, mais pas là où la loi exige des trimestres cotisés. Sur votre relevé, ces périodes apparaissent sans salaire reporté.
Les caisses d'assurance maladie signalent normalement vos périodes indemnisées à votre caisse de retraite. Mais si une période n'est pas remontée, ce sont vos décomptes de versement d'indemnités journalières qui permettent de la faire valider : ils sont recevables. Conservez-les. Gardez vos justificatifs, agissez à temps.
Tout ceci vaut pour un arrêt en cours de carrière. Quand la maladie dure et arrive près de la retraite, d'autres questions s'ouvrent : invalidité, inaptitude, incapacité permanente, et le choix du type de départ. C'est le sujet de la fiche stratégie dédiée. Et à la complémentaire, la mécanique n'est pas la même qu'ici : voir la fiche Agirc-Arrco.