Une maladie qui dure, à quelques années de la retraite, ne se gère pas comme un arrêt en début de carrière. Selon le moment et la durée, elle ouvre des portes de départ différentes. Le point stratégique, vérifié à la source.
Une maladie longue près de la retraite peut ouvrir plusieurs voies de départ : la pension d'invalidité (transformée en retraite à l'âge légal), la retraite pour inaptitude au taux plein, ou l'incapacité permanente (accident du travail, maladie professionnelle). Le bon choix dépend de votre situation et du moment ; il se prépare, il ne se subit pas.
Un arrêt maladie en cours de carrière, vous le validez et vous continuez (voir les fiches par régime). Une maladie qui dure à l'approche de la retraite change de nature : elle ne se contente plus de remplir votre relevé, elle peut déterminer comment et quand vous partez. C'est une décision, pas seulement une situation subie.
La maladie longue peut basculer vers trois dispositifs différents, qu'il ne faut surtout pas mélanger :
| Voie | Ce qu'elle ouvre |
|---|---|
| Pension d'invalidité | Un revenu en cas de capacité de travail réduite. À l'âge légal, elle est en principe transformée en retraite (retraite substituée à l'invalidité), au taux plein. |
| Inaptitude | La retraite pour inaptitude ouvre le taux plein dès l'âge légal, quel que soit le nombre de trimestres. Voir la fiche dédiée. |
| Incapacité permanente | Après un accident du travail ou une maladie professionnelle, un départ anticipé peut être possible selon le taux reconnu. |
Ces trois voies obéissent à des règles propres. L'objet de cette fiche est de vous aider à repérer laquelle vous concerne, pas de les détailler toutes.
Avant même la question du départ, vos arrêts continuent de construire des droits, différemment selon votre régime : des trimestres assimilés au régime général (60 jours = 1 trimestre), des points sans cotisation à l'Agirc-Arrco (arrêt de plus de 60 jours, ou invalidité), et une prise en compte par exonération chez les professions libérales. Ces droits, il faut d'abord vérifier qu'ils sont bien enregistrés, car ils pèsent sur le calcul final.
La pire décision est celle qu'on prend dans l'urgence, au moment où la maladie force la main. Invalidité, inaptitude, incapacité permanente et attente de quelques trimestres n'aboutissent pas au même montant ni à la même date. Se tromper de porte, ou la choisir trop tard, coûte cher et se corrige rarement.
La règle générale est ici. Le bon arbitrage, lui, est le vôtre : quelle voie ouvre le meilleur montant dans votre cas, à quelle date partir, et faut-il d'abord sécuriser des trimestres. Cette réponse se lit sur votre relevé et votre situation médicale, pas sur un tableau. La règle, je vous la donne ; la décision, on la prend ensemble, avant qu'elle ne s'impose à vous.