La retraite de base d'un salarié du privé décédé peut revenir à son conjoint survivant, sous conditions d'âge et de ressources. Voici les règles, vérifiées à la source.
Au régime général, la réversion vaut 54 % de la retraite de base du défunt, à partir de 55 ans et sous condition de ressources. Le conjoint et les ex-conjoints se la partagent au prorata des mariages. Pour un salarié, elle se cumule avec la réversion Agirc-Arrco : c'est une seconde demande à ne pas oublier.
Au régime général, la réversion vaut 54 % de la retraite du défunt, mais sous condition de ressources, et elle se partage parfois entre plusieurs ex-conjoints. Un revenu qui dépasse le plafond, et le droit se réduit ou disparaît. C'est un droit qui se vérifie chiffres en main.
Le droit est ouvert au conjoint survivant (la personne qui était mariée au défunt) et aux ex-conjoints divorcés, même remariés. En principe, le concubin et le partenaire de PACS n'ouvrent pas de droit à réversion. Depuis le 1er juillet 2004, aucune durée minimale de mariage n'est exigée.
Deux exclusions : le conjoint condamné pour l'homicide de son époux, ou pour certains crimes et délits envers l'assuré (loi n° 2020-1576 du 14/12/2020), perd son droit. À l'inverse, le mariage posthume ouvre droit à réversion à compter du décès (code civil art. 171).
Côté assuré décédé : il doit être titulaire d'une retraite personnelle, ou à défaut justifier d'au moins un trimestre d'assurance. En cas de disparition de plus d'un an, la réversion est attribuée à titre provisoire, puis devient définitive quand le décès est établi.
L'âge minimum est de 55 ans depuis le 1/1/2009. Il reste fixé à 51 ans si l'assuré est décédé avant le 1/1/2009 (ou a disparu avant le 1/1/2008). En dessous de cet âge, le conjoint survivant peut demander l'allocation veuvage.
| Paramètre | Régime général (base) |
|---|---|
| Taux de réversion | 54 % du montant de base de la retraite dont bénéficiait ou aurait bénéficié le défunt (surcote comprise, hors majorations et avantages complémentaires). |
| Condition de ressources | Oui. Plafond de ressources revalorisé chaque année ; le plafond « couple » s'applique aux personnes mariées, pacsées ou en concubinage. Au 1/1/2026, personne seule : 6 250,40 €/trimestre (25 001,60 €/an) ; couple : 10 000,64 €/trimestre (40 002,56 €/an). |
| Réduction pour ressources | Si réversion + ressources dépassent le plafond, la réversion est réduite du dépassement. Ressources examinées sur les 3 mois (ou 12 mois en cas de dépassement) précédant le point de départ ; abattement de 30 % sur les revenus d'activité perçus à partir de 55 ans. |
| Minimum | Au moins 334,92 €/mois (4 019,13 €/an, au 1/1/2026) si le défunt réunit 60 trimestres au régime général ; réduit proportionnellement en deçà. |
| Maximum | Plafonnée à 54 % du montant maximum : 1 081,35 €/mois (12 976,20 €/an, au 1/1/2026). |
| Effet du remariage | Entraîne une révision selon les ressources du nouveau ménage : la réversion peut être réduite, voire supprimée, si le plafond est dépassé. |
Ce sont vos ressources (ou celles de votre ménage) qui comptent : revenus d'activité, retraites, pensions, et un revenu fictif tiré du patrimoine. Les retraites personnelles du demandeur sont prises en compte, mais pas la réversion elle-même ni les biens issus de la communauté avec le défunt. La réversion cesse d'être révisable au plus tard trois mois après la liquidation de l'ensemble de vos droits personnels (ou à l'âge légal si vous n'avez pas de droits propres) : passé cette date, un changement de ressources ne la modifie plus.
Si le défunt a été marié plusieurs fois, la réversion est partagée entre le conjoint survivant et le ou les ex-conjoints, au prorata de la durée de chaque mariage (calculée de date à date). Le partage est fixé définitivement lors du premier calcul ; il n'est revu que si le nombre d'ayants droit change (décès de l'un, ex-conjoint qui se manifeste plus tard).
Si le défunt a relevé de plusieurs régimes de base (régime général, régimes agricoles, ex-RSI, professions libérales sauf avocats, cultes), une demande unique suffit : un « régime interlocuteur unique » centralise l'examen des ressources et la répartition entre régimes.
La réversion ne se déclenche pas toute seule : il faut la demander. Le point de départ est toujours le 1er jour d'un mois, au plus tôt le jour de la demande, jamais avant l'âge requis. Déposée dans l'année qui suit le décès, elle peut prendre effet dès le 1er jour du mois suivant le décès, d'où l'intérêt de ne pas attendre.
Pour un salarié du privé, il y a deux réversions à réclamer : celle du régime général (cette fiche) et celle de l'Agirc-Arrco (complémentaire), qui obéit à des règles différentes. Un droit oublié à la complémentaire se perd : vérifiez toujours les deux.
Le plafond de ressources, le partage entre ex-conjoints, l'interaction avec vos propres revenus : le montant réel dépend de votre cas précis. La règle est ici ; le calcul de ce qui vous revient se fait sur vos chiffres, ensemble.