Votre statut ne change pas que vos impôts. Il décide de la caisse où vous construisez votre retraite, et des droits que vous accumulez. Voici la carte, avant d'entrer dans le détail par cas.
Trois grandes familles. Assimilé salarié (président de SAS/SASU, gérant minoritaire de SARL) : régime général et Agirc-Arrco, comme un cadre, mais sans assurance chômage. Travailleur non salarié (gérant majoritaire de SARL, EURL, entreprise individuelle) : Sécurité sociale des indépendants. Profession libérale en société (SEL) : votre caisse libérale (CNAVPL, CARMF...), quelle que soit votre fonction de direction.
Le régime de retraite d'un dirigeant ne dépend pas de ce qu'il fait, mais de la forme de sa société et de sa place dedans. Deux professionnels du même métier peuvent cotiser à des caisses différentes et accumuler des droits très différents, pour la seule raison qu'ils n'ont pas le même statut. C'est la première chose à vérifier avant tout changement de statut ou toute cession.
Sont assimilés salariés le président et le directeur général de SAS ou de SASU, le gérant minoritaire ou égalitaire de SARL, le PDG et le directeur général de SA. Ils relèvent du régime général et de la retraite complémentaire Agirc-Arrco, avec la même protection sociale qu'un salarié cadre, à une exception près : pas d'assurance chômage. Le détail est dans la fiche dédiée.
Le gérant majoritaire de SARL, l'associé unique d'EURL et l'entrepreneur individuel sont des travailleurs non salariés. Ils relèvent de la Sécurité sociale des indépendants, aujourd'hui rattachée à l'Assurance retraite. Les cotisations et les droits ne se calculent pas comme pour un assimilé salarié. Voir la fiche dédiée.
Si vous exercez une profession libérale en société d'exercice libéral (SEL), attention : pour votre activité professionnelle, vous restez affilié à votre caisse libérale (CNAVPL et votre section, la CARMF pour les médecins), quelle que soit votre fonction de gérance. Votre fonction de direction peut relever du régime général si vous êtes gérant minoritaire, mais votre exercice, lui, reste libéral. Et depuis 2024, la nature fiscale de vos rémunérations a changé. Voir la fiche dédiée.
Le statut pèse aussi le jour où vous cédez votre entreprise pour partir en retraite : exonérations de plus-value, conditions de délai entre la vente et le départ, articulation avec la liquidation de vos droits. C'est le sujet de la fiche stratégie.